• Projet de distraction de la section de Guécelard et d'érection de cette section

    Projet de distraction de la section de Guécelard et d'érection de cette section

  •  Paragraphe précédent : de l'autre côté de la riivère Sarthe : Guécelard ...

     

    zeb 078

     

    PLAQUE DE COCHER qui a disparu du paysage début des années 90. Elle se trouvait sur le mur de la Mairie, côté rue du Passeur. Comme toutes les plaques de cocher, elle était en fonte, de couleur bleue, texte et chiffres repeints en blanc. Ces plaques ont été placées à partir de 1835 et remplacées progressivement par les plaques émaillées Michelin vers 1908. Celle de Fillé subsistait toujours sur les murs de la Mairie jusqu'au jour où elle a été volée, au début des années 90. Dommage !

    Lorsque la commune de Guécelard est rattachée à Fillé en l'an III - novembre 1795 - la commune se nomme FILLÉ-GUÉCELARD, la mairie et l'école se situant à Fillé. En 1877, néanmoins, une école dite "de hameau" est construite à Guécelard qui devient une commune à part entière le 30 Juillet 1880.

    Eugène Vallée (1862-1935) rédige un Dictionnaire Topographique de la France dont le Dictionnaire Topographique du département de la Sarthe comprenant les noms de lieux anciens et modernes. Cet ouvrage revu et publié par Robert Latouche en 1950 comporte une liste de cantons, districts et Municipalité de 1790 à l'an III.

    Pour le canton de la Suze, dix municipalités sont mentionnées :  Chemiré-le-Gaudin, Etival-les-le-Mans,Parigné-le-Polin, Saint-Benoît-sur-sarthe, Spay, Louplande, La Suze, Roezé, Voivres et Fillé-Guécelard.

    Un nota Bene précise que "Pesche (1) réunit Fillé et Guécelard tandis que Cauvin (2) et L'Hermitte les séparent mais celui-ci fait remarquer que dans l'extrait imprimé ils sont réunis par une accolade. Le Dénombrement constitutionnel compte douze municipalités dans le canton : ce chiffre est certainement trop élevé d'une unité, car on se demande le nom de la douzième. L'almanach de 1791 joint Fillé à Guécelard par une accolade. L'Etat Général de l'an II et l'Almanach de l'an II les distinguent. Dans le registre L134 des Archives de la Sarthe, on voit, à la date du 27 Fructidor an III, la suspension du Maire et du procureur de la Commune de Guécelard, et deux jours après, le 29 Fructidor, le rappel de cette suspension, dans lequel ces Officiers Municipaux sont dits Maire et procureur de Fillé-Guécelard. L'Annuaire pour l'An VII fait une seule commune de Fillé et Guécelard et ne donne que le total de la population".

    Source : Dictionnaire Topographique de la France de Eugène Vallée revu et publié en 1950 par Robert Latouche. BNF.fr Gallica.

    (1) Julien Rémy Pesche, pharmacien, naturaliste et historien français né dans la Sarthe en 1780. Auteur de nombreux ouvrages dont le plus connu est le Dictionnaire Topographique, historique et statistique de la Sarthe publié en 1829.

    (2) Thomas Cauvin 1834. Auteur de divers ouvrages sur le Département de la Sarthe.

     

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    Guécelard possède une manufacture de chanvre. Dans son livre (ci-dessus) Arthur Young fait état du salaire des ouvriers des manufactures en 1787 dont celui de la manufacture de Guécélard (ci-dessus), extrait :

     

    salaire des ouvriers des manufactures

     

    Il est fait état aussi dans le livre d'Arthur Young des terres incultes de l'Ouest de la France dont celles du Maine et particulièrement des terres sablonneuses de Guécelard, ci-dessous extrait du livre :

    terres incultes

     

     

    Source GALLICA. BNF.fr Livres et Manuscrits.

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    En 1846, Alexandre Dumas publie un roman se situant au moment des guerres de Religion : La DAME DE MONTSOREAU. Dans ce récit, il parle très brièvement de Guécelard (extrait) et il est question également des forêts sablonneuses :

    Capture

     

     

     

    Mais, en 1872, en présence de Monsieur CARTERET, Maire, eut lieu en Mairie de FILLÉ-GUÉCELARD une réunion extraordinaire.

    En effet, une première demande de distraction émanant des habitants de la section de GUÉCELARD avait été faite en 1866 et non accueillie. La question de cette scission entre les deux sections avait été soulevée par Guécelard dès 1865.

    Voir ci-dessous extrait du Registre des Délibérations du Conseil municipal de Fillé-Guécelard du 18 Juillet 1866.

     

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    extrait page 2-001

    Extrait des Délibérations page 2 Source Gallica.Bnf.fr Bibliothèque Nationale de France

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    extrait page 3

    Extrait des Délibérations page 3 - Source Gallica.Bnf.fr Bibliothèque Nationale de France

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    extrait page 4

    Extrait des Délibérations page 4 - Source Gallica Bnf.fr - Bibliothèque Nationale de France

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    OBJET DE LA REUNION EXTRAORDINAIRE DE 1872 : Projet de distraction de la section de GUÉCÉLARD et d'érection de cette section en commune.

    RAPPEL DES FAITS : Guescelard, province du Maine, généralité de Tours, élection du Mans, réunie à Fillé sur les listes de district en 1797, sur celles de district et de canton en 1790, sur ce
    lles d'arrondissement et d'arrondissement et de canton en l'an III - 1795 et ce, sans la consultation des habitants.


    Par ordonnance royale en date du 18 Août 1845, Guécélard était élevé en paroisse autonome.

     

    Ci-dessous, le centre-bourg de Guécelard sur la route qui va vers Angers. A droite, la ligne du tramway.

     

    Guecelard-Route-d-Angers




    Le Président après avoir lu l'arrêté de Monsieur le Préfet de la Sarthe en date du 7 Mai 1872 qui autorise la réunion du Conseil municipal, au vu des plus imposés pour délibérer de faire toute observation, tant sur le projet de distraction du territoire de la section de GUÉCÉLARD que sur les conditions de cette distraction, donne connaissance au Conseil du dossier et en particulier de la demande de séparation faite par GUÉCÉLARD ainsi que les motifs mis en avant par cette section. (**) voir en bas de page l'extrait de délibération du Conseil Général suite à la pétition du 18 Février 1872.

    D'après la pétition, les habitants de GUÉCÉLARD prétendent avoir déjà été une commune indépendante. La carte de l'Evêque du Mans publiée en 1706, rééditée en 1781, considérée à juste titre comme l'une des plus belles pour son exactitude constate que GUÉCÉLARD n'a jamais été une paroisse. De 1791 à 1793, lors de la division de la France en communes, GUÉCÉLARD qui possédait alors 50 feux* environ fut annexée à FILLÉ comme bourg le plus proche ayant déjà une administration complète et indépendante.
    index

    La discussion étant ouverte, le Conseil Municipal, après examen, ne croit pas de sa dignité de réfuter les six pièces accompagnant à titre de renseignements la demande de distraction. Toutes ces pièces se contredisent en plusieurs endroits ; elles contiennent des erreurs trop grossières ou sont du moins trop exagérées pour qu'on puisse leur attribuer la plus minime confiance mais le Conseil examinera seulement la pétition et pour la clarté des explications, il suivra l'ordre des faits tel qu'il a été adopté par les pétitionnaires.

    Le premier et principal motif invoqué par les habitants de GUÉCÉLARD est le passage dangereux de la rivière Sarthe et du ruisseau le Rhonne. Pour les dangers que présente le passage du bac, les membres du Conseil peuvent répondre à ce grief par la notoriété publique. De temps immémorial, il n'est pas arrivé d'accident. Tout le monde peut l'affirmer, la rivière n'a jamais été une entrave pour l'administration de la commune.

    Pendant l'invasion, au moment où le barreau de la porte marinière * venait d'être rompu par les glaces, c'est-à-dire au moment où le passage a peut être réputé le plus dangereux, le messager envoyé par GUÉCÉLARD a pu passer une première fois pour demander un cheval  de réquisition et, une seconde fois pour porter la réponse écrite.

     

    Copie Mairie Fillé                 

    pièce ci-dessus

    En ce qui concerne le ruisseau du Rhonne, il est ajouté que la lettre de Monsieur l'Ingénieur chargé du service montre toute l'exagération des dires des pétitionnaires.
    Si l'eau a quelquefois pu atteindre le niveau de la levée, ce fait excessivement rare n'a duré que quelques jours et pendant ces courtes et rares périodes, les habitants de GUÉCÉLARD pouvaient encore venir à FILLÉ par le chemin n° 3 sans passer par la Suze, sans faire 30 kilomètres comme il leur plait de le dire nécessaire.

     

     

     
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    Demande tendant à la séparation des deux sections formant la commune de FILLÉ-GUÉCÉLARD.
    Source gallica.fr/Bibliothèque Nationale de France.

     

    demande de séparation page 1

    Demande tendant à la séparation page 3

    Source Gallica Bnf.fr Bibliothèque Nationale de France

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    demande de séparation page 2

    Demande tendant à la séparation page 4 - Source Gallica - Bnf.fr Bibliothèque Nationale de France

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    demande de séparaion page 3

    Demande tendant à la séparation page 5 - Source Gallica .Bnf.fr - Bibliothèque Nationale de France

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    demande de séparation page 4

    Demande tendant à la séparation page 6 - Source Gallica Bnf.Fr - Bibliothèque Nationale de France

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    En résumé, le conseil municipal marque son opposition (les conseillers de Fillé étant majoritaires 7 contre 5), il déclare que les communications n'ont jamais été interrompues pour les piétons entre FILLÉ et GUÉCÉLARD par le fait des eaux. Le conseil  place comme principal argument d'opposition que la séparation entraînerait de grosses difficultés financières pour chaque commune.

     

     

     

     

     

     

     

    Les réunions de conseil étaient fort agitées : certains anciens rapportent même qu'après s'être terminées dans le troquet situé en face la Mairie, elles s'achevaient à coups de pioche entre gens de Guécelard et Fillé au pied de l'embarcadère du bac (sic) . 

     

    PS : Il faut rappeler, toutefois, que si ce projet de scission a donné lieu à des "épisodes" qui, de toute évidence  ne pouvaient que se dérouler dans un climat tendu voire même, quelquefois, peut-être, ont-ils pu dégénérer, il ne nous appartient pas, à nous, aujourd'hui - de vérifier la véracité de certains propos rapportés par des anciens qui, eux-mêmes les tenaient de leur ancêtres et qui font partie de la mémoire collective.

    Rien ne transparaît plus à l'heure actuelle : les gens de Guécelard et de Fillé se côtoient et vivent en bonne intelligence.

     

     

     

     

    GUECELARD possèdait aussi un relais de poste de gendarmerie à cheval
     

    GUÉCÉLARD vante l'importance de son bourg et le Conseil reconnaît l'existence d'une poterie(*) qui donne de l'ouvrage, d'après la déclaration même du gérant, à cinq ou six ouvriers mais c'est le seul établissement industriel de GUÉCELARD et il est impossible que sur un si minime intérêt on puisse baser une demande de séparation ; le relais de poste de gendarmerie à cheval va être supprimé. Le Conseil ajoute qu'un adjoint est toujours choisi parmi les conseillers de GUECELARD.

    La demande de séparation indique GUÉCÉLARD comme étant une commune avant la révolution. Le Conseil établit qu'avant la révolution la paroisse de GUÉCÉLARD n'a jamais été desservie d'une manière régulière par les ecclésiastiques chargés de tenir l'état civil. Quelquefois, un curé de GUÉCÉLARD, souvent celui de FILLÉ et presque toujours les vicaires de ROËZE et de PARIGNÉ desservaient la chapelle de GUÉCÉLARD qui ne comprenait qu'une faible portion du territoire actuel de la paroisse de GUÉCÉLARD. Depuis GUÉCÉLARD possède une église neuve et un presbytère . Les finances en cas de séparation permettraient à chaque commune de vivre.

    Cette deuxième demande a été non accueillie par le Ministre de l'Intérieur de l'époque. Les pétitions des Guécelardais continuaient malgré ce refus en faveur de la scission. Il y eu donc, ainsi, paraît-il, des bagarres sanglantes entre les deux villages...

    Une troisième demande émanant des GUÉCÉLARDAIS a été réitérée le 13 Mars 1875, non accueillie par le Ministre de l'Intérieur de l'époque puis une quatrième en 1878 et là le Ministre de l'Intérieur envoie un courrier en date du 28 Décembre 1879 en précisant que le mieux était de maintenir l'état de réunion MAIS ... à la grande satisfaction des Guécélardais, un projet de loi est voté par le conseil d'Etat lequel est rapporté au Sénat et ce, malgré la protestation de certains membres du Conseil Général également députés.


    ÉÉ
    VOIR SUITE SUR PROCHAIN ARTICLE "SOUS LA TROISIEME REPUBLIQUE, SEPARATION DE FILLÉ ET DE GUÉCÉLARD SOUS LE MANDAT DE MR GARNIER..."


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    * Les maisons étant exigües, malsaines et sombres : toute les familles s'entassaient dans l'unique pièce basse où se trouvait la cheminée, le foyer : la pièce à feu. Lors des évaluations de la population, on ne comptait pas les habitants, mais les feux, chaque foyer représentait une famille.

    * porte marinière = pour franchir la chaussée ou barrage, une ouverture est pratiquée : c'est le pertuis. Pour retenir l'eau du bief supérieur, on dispose dans le passage libéré d'une cloison démontable manuellement, c'est la porte marinière.


    * La fabrication de poteries à Guécélard doit remonter à l'époque où des hommes et leurs familles, venus d'ailleurs, se sont installées pour mettre en valeur les terres défrichées.

    La nécessité d'avoir des récipients d'usage courant et domestique les incita à en produire eux-mêmes. Vers la fin du XVI° siècle et surtout au XVII° siècle, un artisanat se développa à Guécélard créant une poterie dite "rurale". Cette activité cessa vers 1850.

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    PÉTITION DES GUÉCÉLARDAIS DU 18 FÉVRIER 1872

    conseil général pétition guécelard demande de division

    .....

     

    Extrait de délibérations du Conseil Général de la Sarthe de 1873 - SOURCE GALLICA BNF.FR. BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE

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    "... Difficiles. Outre cette considération, les pétitionnaires font valoir que la section de Guécélard est érigée en succursale et possède une église et un presbytère ; qu'elle possède une maison d'école où la mairie pourrait être facilement installée ; que la section de Guécélard, si sa demande est admise, n'aura pas de dépenses appréciables à faire ; que la séparation n'entraînera aucune augmentation de dépenses ; que la population de Guécélard est de 595 habitants et celle de la section de Fillé de près de 700 habitants ; que les deux communes auraient chacune un nombre suffisant d'habitants et un chiffre de ressources qui leur permettrait de subvenir à leurs charges ; qu'il y a 5 conseillers municipaux à Guécélard et qu'il y en a 7 pour la section de Fillé ; que Guécélard n'a pas d'adjoint spécial chargé de l'état civil ;enfin, que la situation actuelle entretient entre les deux sections une grande irritation.

    Cette demande a été soumise aux formalités prescrites par la Loi du 18 Juillet 1837.

    Le procès-verbal d''enquête constate que 144 déclarations écrites sont favorables à la séparation et que 203 protestations écrites ont été formulées. Parmi les auteurs de ces protestations, on compte 46 habitants ou propriétaires de Guécélard. Les adhésions sont motivées sur les considérations exposées dans la demande de séparation. Les opposants se fondent sur ce que la division réclamée aurait des résultats fâcheux, surtout en ce qui touche les intérêts financiers de Fillé et de Guécélard, et que ces sections qui, aujourd'hui, ne peuvent à peine faire face à leurs charges ne pourraient plus suffire à leurs besoins.

    Monsieur Le Marquis de la Suze, commissaire enquêteur, a exprimé l'avis ci-après :

    - "C'est en 1795 que Guécélard fut réuni à Fillé. Depuis cette époque, bien des changements sont survenus dans les deux sections.

      "En 1866, une demande de séparation fut présentée au vote du Conseil Général après enquête, la section de Guécélard voulant, comme aujourd'hui, être érigée en commune.

      "Le commissaire-enquêteur demandait, par son rapport, le statut-quo.

      "Le Conseil d'Arrondissement approuva la séparation de la section de Guécélard d'avec Fillé, à condition de sauvegarder les intérêts financiers de Fillé. Le Conseil Général dit qu'il n'y avait pas lieu de donner suite au vote.

      "En 1872, nouvelle demande de Guécélard. Je ne parlerai pas des demandes et de l'exagération apportée dans quelques-uns des documents.

      "Les deux Conseils appelés à décider de la question trouveront au dossier les pièces propres à les éclairer à ce sujet.

      "Mais, ce qu'il faut constater, c'est qu'à l'heure présente, il y a une irritation croissante, une fermentation qui laisse craindre pour l'avenir.

      "Au point de vue de la convenance, il faut l'avouer, tout plaide en faveur de Guécélard. La Sarthe e le Rhonne sont assez hauts parfois. Les crues sont un fort obstacle aux communications. La distance des deux bourgs, de l'un à l'autre, prête à de grandes fatigues, soit pour les enfants, soit pour les pères et mères de famille, allant à la Mairie. Le passage du bac est parfois chose peu sûre.

      "La rivière la Sarthe partagerait parfaitement les deux sections, laissant à chacune un nombre à peu près égal d'habitants, une égale étendue de territoire.

      "La section de Guécélard possède une école mixte, un cimetière, une église, un presbytère. La position des trois derniers objets n'est pas encore régularisée, mais elle peut l'être en peu de temps.

      "Il ne manquerait plus à Guécélard qu'une maison d'école et une Mairie, chose que les notables m'ont affirmé pouvoir être faite en peut de temps, et pour laquelle ils offriraient des garanties.

      "Mais il y a une question que les habitants de Guécélard n'ont pas assez mûrie. Le jour où la section deviendra commune,pourra-t-elle se suffire et s'imposer autant qu'il le faudra et voler de ses propres ailes ?

      "J'ai lu attentivement le rapport fait à ce sujet et les budgets communaux présentés par l'honorable Monsieur Carteret, Maire, auquel je rends le plus juste hommage d'impartialité et de droiture.

      "Le Conseil Général et le Conseil d'arrondissement examineront les budgets, les pièces du dossier et ils constateront la position qui me semble difficile à prendre pour Guécélard.

      "Guécélard répond à celà que Monsieur le Préfet nommera des juges, qu'on examinera les comptes, qu'on fera une balance, et qu'étant établie une dette pour l'une et pour l'autre section, celle des deux qui aura un report à faire s'y soumettra , et alors les sections seront séparées.

      "Pour moi, je proposais à Guécélard ceci, et je me suis rencontré d'idée avec notre honorable Préfet :

      "Ayez un adjoint spécial, possédez des archives, et la chambre au-dessus de la maison d'école sera suffisante ; pas de dépenses et alors une certaine autonomie.

       "Les notables m'ont répondu qu'accédant à l'idée de Monsieur le Préfet, ils avaient réuni les habitants et leur avaient fait la proposition et que tous avaient répondu : tout ou rien.

       "En face de cette situation, je retirai ma proposition et je reviens à celle-ci, qui est mon avis à la suite de l'enquête à laquelle je me suis livré.

       "Soit : que Guécélard soit commune ; mais qu'auparavant la situation de ses édifices soient régularisée, que les comptes financiers soient examinés ; que Guécélard rende à Fillé, après preuves, ce que cette dernière dit lui appartenir ; que la position des deux communes, des chemins soit constatée et régularisée ; que Guécélard affirme qu'elle peut établir maison d'école de garçons avec mobilier et salle de mairie ; qu'elle garantisse un traitement de 700 fr pour l'instituteur, et de ce jour, les Conseils peuvent admettre et déclarer que la section de Guécélard peut devenir commune.

    Le Conseil Municipal de Fillé-Guécélard, assisté des plus imposés, a, dans sa réunion du 13 Juin 1872, émis l'avis suivant :

    " Considérant que la situation géographique de Guécélard est intéressante, la situation générale de la commune et ses intérêts financiers ne le sont pas moins ;

    " Considérant que les intérêts pécuniaires lient intimement les deux sections de la commune de Fillé-Guécélard ;

    " Considérant que les frais d'administration de deux petites communes sont toujours bien plus onéreux pour les contribuables que ceux d'une commune d'une certaine importance ;

    " Considérant que la distraction de la section de Guécélard ne peut avoir lieu sans porter un grave préjudice aux intérêts pécuniaires de la section de Fillé ;

    " Considérant que les charges financières de la section de Guécélard deviendraient plus lourdes par le fait même de la séparation ;

    " Considérant que la séparation des deux sections en deux communes distinctes serait un accroissement de dépenses de 872 fr 44 cts ;

    " Considérant que les centimes additionnels déjà chargés outre mesure (plus de 28 centimes pour 1872, plus de 38 centimes pour 1873 et années suivantes) fussent-ils encore augmentés, ne pourraient faire face à ce surcroît de charges ;

    " Considérant que le compte des chemins exécutés sur Guécélard se solde au profit de Fillé à 6000 fr environ, dont les prestataires et les plus imposés de Fillé réclament la restitution et dont Guécélard ne peut justifier un prochain remboursement ;

    " Est d'avis à la majorité que la séparation demandée n'ait pas lieue.

    " Si contre toute attente, l'avis du Conseil n'était pas partagé par les assemblées chargées de se prononcer sur cette affaire, le Conseil espère dans la justice de ces assemblées ;

    " 1° Pour sauvegarder l'intérêt de la section de Fillé, en ordonnant que le compte des chemins soit établi et que le solde en soit remis à la section de Fillé avant la séparation effectuée de fait ;

    " 2° Pour faire droit à la pétition figurant au dossier de l'enquête sous le numéro 9, pétition par laquelle un certain nombre d'habitants de la rive gauche de la Sarthe demandent à rester partie intégrante de la section de Fillé, le Conseil propose alors de limiter la commune par l'ancien chemin d'Arnage et le chemin de Buffe. La limite des deux communes suivrait ensuite et à partir du Gué de Buffe, le cours de la rivière."

    Dans cette même réunion, les Conseillers municipaux de la section de Guécélard ont consigné au procès-verbal de cette délibération, les observations qui suivent :

    " Les Membres du Conseil Municipal de la section de Guécélard, au nombre de cinq contre sept pour la section de Fillé, exposent que s'ils se trouvent en minorité dans le Conseil municipal des deux sections réunies, ils n'en persistent pas moins à réclamer la séparation ; ils s'en réfèrent à l'exposé des faits énoncés et produits à l'appui de leur demande. Ils exposent encore que, en supposant, dans l'état actuel des choses, la mairie soit établie à Guécélard (ce qui aurait sa raison d'être), les habitants de Fillé se trouveraient placés en face de toutes les difficultés qui existent pour les habitants de Guécélard ; ceux-là viendraient nécessairement solliciter la légitime mesure que Guécélard réclame pour les mêmes causes que celles qu'ils militeraient en faveur de la demande de la section de Fillé. Ces faits ne sont pas contestables.

    " Quant au règlement des comptes, les Conseillers municipaux et les plus imposés de la section de Guécélard acceptent par avance la situation qui sera dressée par qui de droit, sur l'ordre de Monsieur le Préfet ou de toute autre administration compétente.

    "Les soussignés s'engagent personnellement, à défaut de la section de Guécélard, à rembourser à la section de Fillé le solde de ce compte si la séparation avait lieu et dans un délai de dix-huit mois, commençant le jour de l'installation du Conseil municipal de la section de Guécélard."

    "Les membres du Conseil municipal,

                                                                     " Signé : Pivron, Brador, Cordier, Loyer J. et Livache" Les plus imposés signés M....

                                                                                                                                                                   P.... et L......."

     

    . Revues et Manuscrits.

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